13 juin, 2009 20:34
Arrivée à Lima vers 4 h 30 du matin.
Avec en tête les nombreux commentaires et conseils de sécurité à propos de la ville, nous rentrons dans le taxi envoyé par Geneviève, ma patronne, avec une étrange méfiance jusqu alors inconnue. Vision 360C, portes barrées et sac à dos en dessous de nos genoux, on est finalement prêtes à partir. On regarde autours la ville agitée, même si tôt le matin...on nous avait averti, Lima ne dort jamais. Finalement, après un trajet qui nous a semblé infinissable suivant nos heures d avion Montreal-Miami-Lima, on arrive dans un secteur protégé par des barrières et des gardes. Quel choc! si ces barrières rassurent certainement les occupants du quartier protégé, elles ont eu sur moi l effet inverse. Mais quelle est cette ville dans laquelle il faut assurer une haute sécurité pour espérer être tranquille? On est bien loin de Montréal.
En pénétrant les barrières, on comprend tout de suite. Les grosses maisons et les belles voitures se suivent. Étrange première impression pour mon cerveau à peine éveillé. Une sorte de Ville Mont-Royal à accès VIP exclusif. J ai même appris par la suite que Rafael, le mari de Geneviève, préférait ne pas apposer sur sa voiture la vignette lui donnant accès à cette zone car des voleurs pourraient la repérer trop facilement. Réveil difficile vers midi. Il faut savoir qu à cette période de l année, l hiver vient de commencer et Lima est plongée dans une bruine presque permanente sous un ciel blanc-gris. La petite famille est bien aimable. Geneviève une Québécoise qui a ouvert sa propre agence après plusieurs annés de guidage au Pérou, Rafael son mari qui m a vanté dès mon réveil les merveilles de son pays, la petite Talimaya d un an et demi et ses petits lulus, le tout complété par Suki le chien (à lire, le petit mouton).
Dimanche étant, heureusement pour nous et notre appétit, la journée barbecue, nous les avons accompagnés dans leur sortie familiale au restaurant plein air de l université agricole de Lima. Le processus de sélection fut très difficile, perturbé par les délicieuses odeurs ambiantes de viandes de porc, boeuf, agneau et poulet. En voyant les pièces de viande gigantesques, accompagnées d un épis de maïs, de riz, de patates et d une salade, nous avons opté pour une assiette partagée, sous le regard étonné de nos voisins de table. De la salade, je n ai osé manger que l avocat, devenue quasi-parano avec la question de l hygiène, nourrie bien sûr par les blogs et commentaires de toutes parts. "À les entendre, vous ne devriez rien manger. De toute façon, vous aurez une bonne diarrhée à un moment donné" (Geneviève). J ai préféré oublier la deuxième partie. Comme disait Nietszche, "ce qui nous ne tue pas, nous rend plus fort". Sur ces sages paroles, ferme les yeux, mange ta bouchée et profite de ton voyage.
Une bien agréable sortie complétée par une session de magasinage dans une sorte de centre Eaton bondé, avec plein d enfants partout (oui, ici les gens font encore des bébés, pas comme chez nous) et des magasins de marque que nous n avons même pas à Montréal. On s est un peu perdu dans ce centre de la bourgeoisie de Lima, sans autre intérêt que la bonne crème glacée à 5 soles (à diviser par 3 pour le prix en $US). Rien de bien palpitant pour un touriste si ce n est que de se rendre compte qu au Pérou, il y a bel et bien une classe sociale avec un très bon pouvoir d achat. Après le tour dans la version péruvienne du Centre Eaton, on s est aventurées dans une sorte de Maxi. Un vrai paradoxe. Certains produits très chers, voir plus que chez nous, comme les confitures et d autres ridiculement bon marché.
Bilan de l achat: un demi ananas, une bonne quantité de fraises, deux petits pains, deux croissants jambon-fromage, deux bouteilles d eau, un fruit exotique, une bouteille de jus d orange: 10 soles. 3 $.
Qui dit mieux?
18 juillet, 2009 18:57
Taxi dans un trafic impressionnant, avec des conducteurs fous trouvant une troisième voie là où il n’y en a qu’une, une pollution assez dense et un concert de klaxons pour finalement débarquer au centre de Lima sur la Plaza de Armas. Les premiers pas dans une ville sont, il me semble, très importants. Le fouillis. Le bordel, un vrai bordel comme on les aime en voyage. Nous avons fait quelques pas au hasard, sans savoir quelle direction prendre, avec un regard encore totalement vierge. Première chose qui nous a frappées : les militaires. Plusieurs groupes de militaires avec de grosses mitraillettes, postés comme s’ils attendaient une révolution. Quelle image du pays…carrément un autre monde.
Un peu paranos pour notre sécurité et côté hygiène, on a quand même fini par rentrer dans un petit resto qui avait l’air bon et pas cher : le Restaurante-Cevicheria Reencuentro, Jr. Lampa. Menu á 6.50 soles (2.20$ US environ) avec petits maïs croquants, une entrée de ceviche (délicieuse première expérience), plat principal avec comme toujours au Pérou beaucoup de légumineuses et gélatine en dessert (aussi très courant ici). J’ai même eu la chance de goûter el « agua de manzanilla », boisson qui goûte un peu les herbes et qui ressemble un peu à une tisane froide, une camomille sucrée à la limite.Olluquito, le plat de Marie-Ève : sorte de patates en tranches minces et jaunes qui me rappellent la courge spaghetti.
La serveuse était sympathique et trouvait très drôle de m’expliquer un menu. De toute évidence, le restaurant était surtout fréquenté par des locaux, et non des touristes! 
Après une petite promenade, on a sauté dans un taxi après l’avoir choisi avec une quasi-peur. Il faut absolument prendre ceux qui ont un numéro d’identification sur le côté et une enseigne au dessus de la voiture. Bon, à force de lire des blogs et des conseils à propos de la sécurité au Pérou, on devient complètement paranos.
Petite promenade dans Miraflores, le quartier touristique des restaurants, des magasins et des bars jusqu’à LarcoMar, sorte de petit centre commercial qui a de charmant la vue sur la mer. Voilà, la première fois que j’ai respiré l’air du Pacifique. Vue:

Les chauffeurs de taxi de Lima sont fiers de nous parler du Pérou et de ses attraits, particulièrement Pedro, notre aimable chauffeur qui nous a reconduit jusqu’à la maison. Le soir, on a goûté au fameux Pisco, offert par Raphaël, très populaire ici. Il faut savoir le déguster mais c’est vrai qu’il a un goût particulier.On nous a expliqué comment mâcher de la coca (pas déchiqueter, sucer pour extraire le jus), j’avais bien hâte de goûter pour éviter le mal de l’altitude.Raphaël nous a expliqué qu’il y avait 3 sociétés distinctes : la côte, les montagnes et la jungle. Puis, à l’intérieur de ces divisions, il existe plusieurs sociétés distinctes qui présente des rôles hommes-femmes très différents. L’alcoolisme est très présent et les hommes politiques le savent. Lors des campagnes électorales, ils achètent des votes en payant à boire aux villages entiers. Et, oui, ça fonctionne!Voter est obligatoire sous peine d’amende. Bonne idée je me suis dit tout d’abord. Mais il est vrai qu’une partie de la population est très éloignée et doit marcher des heures à pied pour arriver à un bureau de vote. Ils doivent finalement dépenser d’une façon ou d’une autre pour aller voter…déjà qu’ils n’ont rien. Une démocratie… forcée?
21 juillet, 2009 06:18
Je ne pense pas déjà avoir survolé en avion un paysage aussi particulier. Moi, Québécoise habituée aux paysages verts de sapins et d’érables, j’ai vu pour la première fois des montagnes complètement pelées avec leurs fissures profondes marquées par la sécheresse.

Une beauté particulière qui m’a fait peur par son aridité.
Nous sommes arrivées à l’aéroport d’Arequipa, qui m’a semblé bien petit pour être celui de la 2e plus grande ville du Pérou.
Et, en descendant sur la piste, une incroyable toile de fond : des montagnes aux sommets enneigés.

En arrivant a l’intérieur de l’aéroport, nous avons été demander où se trouvait notre hôtel. La femme, l’air hésitant, nous a donné un petit plan du centre de la ville et a dit « votre hôtel est ici, par contre [en surlignant deux rues], quand vous passez par ici, ne portez pas de montre ni de lunette de soleil et ne marchez pas la nuit ». Marie-Ève et moi nous sommes regardées en pensant, est-ce que c’est bien possible?
Nous avons pris un taxi en direction de l’hôtel. Il nous a dit : « vous savez, la semaine passée j’ai reconduit deux Français proche de cet hôtel, ils se sont fait agresser, ce n’est pas sécuritaire ». Évidemment, suivi de : « vous savez je connais un petit hôtel à côté de la Place d Armes, pas cher, tranquille et sécuritaire ». Stratégie marketing à la Péruvienne? Possible. Une bonne technique pour emmener des touristes chez un ami. Mais après les commentaires de la dame a l’aéroport, on a décidé de suivre son conseil. Nous sommes arrivées dans une petite maison (Hostel San Agustin coin Sucre et San Agustin) en rénovation, mais avec une chambre correcte avec petit balcon. Le jeune homme avait l’air un peu louche mais il a apporté des serviettes. Juste en face de la chambre, une belle église blanche. Je rentre et la première chose que je vois, une plaque qui m’a bien fait rire par son exagération : « por fervente petición de millares de devotes de esta católica ciudad… » Je ne sais d’où ils ont sorti ces statistiques, mais jusqu’à preuve du contraire, si aujourd’hui la ville ne compte pas des « milliards » d’habitants, en 1986 encore moins! Dîner sur la Plaza de Armas, vraiment très belle, avec en fond des montagnes enneigées. Un menu à 8 soles pour entrée de papa rellena (viande, œuf, raison sec), Kola Real (imitation Coca Cola), et un plat principal de steak, riz et purée (une purée de quinoa avec du fromage et du lait). Il faut dire que le riz est vraiment délicieux au Pérou!En dessert, je me suis gâtée avec des mini alfajores… quel petit plaisir! Ici, les assiettes comportent toujours beaucoup de féculents et peu (ou pas) de légumes. Le soir nous avons donc mangé une soupe aux légumes.*********La Cathédrale : faite en long, vraiment belle…et gratuite. Illuminée, le soir, elle est magnifique!Drapeau du Pérou : on dit que José de San Martín aurait été inspiré par les flamants rouges et blancs de la réserve de Paracas (proche de Pisco).

30 juillet, 2009 17:15
Jour 4 Arequipa - Cañon del Colca
Par kjgsdsadlhi, Catégories [ Général ][ (0) Commenter ] | [ (0) Rétroliens ]
Après un très long dodo de 10 h 30, départ pour le Cañon del Colca (2 jours- 1 nuit a Chivay) avec Colonial Tours. Un très bon prix, 15USD pour le transport, le guide et l hébergement, considérant qu’on a choisi le moins cher, soit une auberge de jeunesse. On prend vite gout à payer des miettes!
Certains disent, pour faire plus romantique, que l’on surnomme Arequipa la "ville blanche" à cause de la pierre volcanique blanche dont plusieurs de ses murs sont faits. En fait, au XVIIIe s, 80% de la population était espagnole ou d’origine espagnole et donc...blanche. C est la 2e plus grande ville en importance au Pérou. Ils ont découvert en 1800 une source naturelle d eau pétillante. C est une ville conservatrice avec 80% de croyants dont 60% pratiquants Elle est la plus contaminée de l Amérique du sud, devant son titre a sa situation dans une vallée, empêchant la libre circulation de l air. Pour sortir de la ville, il faut passer par des quartiers très pauvres créés dans les années 80 par des immigrants de Puno et du sud. Ils vivent dans une situation précaire, n ayant parfois ni eau, ni électricité. Selon les dires du guide, ce sont les premiers a se plaindre (grèves, entre autre), ce qui crée un racisme envers les indigènes et les immigrants. Il faut savoir cependant qu’à Arequipa, seulement 30% de la population est originaire de la ville.
Le rocoto relleno (piment farci), plat typique de la ville, représente la fougue retenue du volcan Misti, recouverte de neige (fromage). La dernière éruption du Misti date du XVe s, mais il reste le plus important d’entre toutes les montagnes environnant Arequipa. Changements climatiques obligent, la neige éternelle y a disparu depuis maintenant 3 ans. La momie Juanita a été trouvée sur la montagne Ampato (signifie crapaud). Elle aurait été sacrifiée pour calmer le volcan Misti. Les Incas ne pouvaient la sacrifier proche de la lave, ils ont donc sacrifié une fille entre 13 et 14 ans dans une montagne à proximité : Ampato. La momie a été découverte en 1995 par un Américain et un Aréquipéen alors qu’il y a eu une éruption dont les cendres ont fait fondre la glace. La momie a donc été découverte, avec des poteries et de sacs en alpaca. Le chef inca et ses soldats sont arrivés vers 1400 dans la vallée d Arequipa. Ils l ont trouvée magnifique avec son ciel bleu. Ils se sont reposés et au moment de partir, les soldats ont demandé s ils pouvaient rester. Le chef aurait répondu Are (oui) Quipay (restez), plus tard, Arequipa.Le trajet Puno-Arequipa se faisait en mule jusqu’ aux années 50 et prenait 1 semaine!Selon le guide, proche d Arequipa se trouvent les 2 canyons les plus profonds au monde : Colca et Cotahuasi. Le cañon del Colca étant le plus profond (3600m), 2 fois plus que le Grand Canyon.Il existe 4 camélidés dans la région : l alpaca, le lama, le guanaco et la vigogne. La dernière, avec une laine composée de la fibre la plus fine au monde, est le symbole du Pérou. Elle vit en troupe de 5, 4 femelles menées par 1 mâle, bref, le rêve de tout homme. Sa chasse est interdite, son seul prédateur est le puma qui vit dans les endroits reculés de la montagne. Pour fabriquer des vêtements en laine de vigogne, ils les tondent chaque 2 ans et en obtiennent seulement 200g.


Petite pause pour boire un mate de coca, qui a un léger goût d épinard, puis en route pour Chivay dans un décor vraiment magnifique. A ce point je ne ressentais pas encore le symptôme de l altitude, « le soroche », à 4000m. Mais on allait passer à 4900m…


A partir de ce moment précis, je commence à me sentir de plus en plus indisposée et avoir mal à la tête. L altitude et mon éternelle intolérance aux longs trajets en voiture ne font pas bon ménage. Surtout que je n avais pas pu prendre de médicament contre l altitude puisque je suis allergique au sulfa, génial.

L arrêt suivant: les bains thermaux. Il faisait trop froid et je n avais pas de bikini et surtout pas l intention d en acheter un! Finalement, le dernier arrêt du tour pour cette journée : le resto du souper, un « spot à touriste ». Au moins, c était agréable et bien divertissant. Il y avait un groupe qui jouait de la musique andine et un spectacle de danse. J ai mangé de l alpaca, une viande assez mince, mais bonne, bu de la sangria et dansé avec les danseurs!






